La fédération PRG Rhône est scandalisée par la décision de l’Élysée d’augmenter dès aujourd’hui, et jusqu’en 2022, le taux de défiscalisation des dons aux associations cultuelles sous le régime de la loi de 1905, en le faisant passer de 66% à 75%.
Cette décision est d’autant plus abjecte que les autres associations, celles sous le régime de la loi 1901, restent majoritairement à 66% de réduction d’impôt. Les seules qui bénéficiaient de cette aide financière supplémentaire de l’État étaient les associations ayant pour objectif « l’aide aux personnes en difficulté ou aux victimes de violences domestiques ».
La décision d’augmenter le taux de réduction d’impôt à 75% pour les associations cultuelles revient donc à augmenter le financement public des cultes, et à les placer symboliquement au-dessus des autres associations en matière d’importance pour la société, en leur reconnaissant une nécessité particulière pour le service de l’intérêt général. Cela contrevient au principe de laïcité, et tout particulièrement au principe de neutralité de l’État et d’égalité entre les citoyens.
La Fédération du Rhône et de la Métropole de Lyon du Parti Radical de Gauche considère que la lutte contre le « séparatisme » ne doit pas se faire au détriment de la laïcité, bien au contraire ! Pourtant, avec cette décision, Emmanuel Macron et son gouvernement font une nouvelle fois le choix de remettre en cause ce principe républicain qui est l’un des ciments de notre société. Comment, avec de tels arbitrages, le Chef de l’État peut-il prétendre ériger la laïcité comme un rempart au séparatisme ?
La laïcité n’est pas une chimère à invoquer après chaque attentat, un remède à tous les maux de notre société ou un prétexte à l’exclusion de certaines populations du corps républicain. La laïcité est un principe juridique, héritage inspiré des Lumières et de la Révolution française, chèrement acquis, qu’il s’agit d’expliquer, de défendre et d’appliquer dans l’esprit des lois des années 1880 et de la loi de 1905. La laïcité ne peut être réduite à un principe œcuménique avec lequel on achèterait la paix sociale.
